Le retour du Boy avec un nouveau dossard

Togo, Niamtougou, Chaîne de l'Atakora.

Togo, Niamtougou, Chaîne de l’Atakora. Copyrights: Aphtal Cissé

 

A tous ceux qui se demandaient où j’étais passé, qui pensaient que j’étais au frais, ou encore kidnappé par un mouvement islamiste à la mode, je vous rassure qu’il en est rien. J’étais entre de très bonnes mains. Eh oui, j’ai enfin pu goûter à ce que ça faisait de rentrer chez soi après une longue période passée à l’étranger.

C’est naturellement avec une grande émotion que j’ai retrouvé ma famille et mes potes. N’ayant pas prévenu la plupart de mon arrivée, j’ai pu constater à quel point je comptais pour certains, vu que la surprise de me voir provoquait l’apparition de grains de larmes aux yeux, cris presque hystériques, et autres. Franchement, j’ai été touché et je remercie du fond du cœur tous ceux-là qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à rendre ces vacances incroyables pour moi. Bon, passons.

Maintenant, laissez-moi vous raconter une autre chose que j’ai constaté : « Affaire de diaspora ». Cette histoire-là, elle a ses avantages, ses avantages, puis ses inconvénients. En effet, cette étiquette nous met dans une posture plus que confortable parce que d’un coup, les gens se mettent à nous regarder différemment. Dans le quartier, il y a deux ans, c’était « eh mon petit, c’est comment? ». Aujourd’hui, on en est à « Bonjour, Boss ». Et j’insiste sur ce point, c’est l’interlocuteur qui attend que tu lui demandes comment il va. On change juste de pays de résidence et du coup, on passe de « Petit » à « Boss »Voyez-vous, le complexe d’infériorité de l’Africain, ce n’est pas seulement avec le Blanc. La diaspora aussi est très bien servie.

Et oui j’avoue, je ne m’en suis pas plaint une fois sur place, mais je ne m’en suis pas réjoui non plus. Dans la position de Boss, il va de soi qu’avec les lianes, c’est devenu aussi facile que d’aller se prendre une bière bien fraîche dans la rue de la vallée de la mort à Libreville. Pour de diverses raisons et convictions personnelles, je n’ai pas profité de ce volet-là , mais le constat était clair, net et sans bavure. Quand elle vient te proposer ses services sous prétexte d’être tout à coup, brusquement et soudain folle d’un amour fou et fort pour ta personne, c’est qu’elle te dit en d’autres termes : « Fais-moi sortir de ma situation critique. Billets de banque, billet d’avion, peu importe, l’essentiel c’est que tu es ma chance que je dois à tout prix saisir ».

Nos frères restés au pays mettent la diaspora sur un piédestal trop élevé. Ils pensent qu’elle est la solution aux problèmes. Il est bien vrai qu’il existe des cas de personnes qui ont très bien réussi, mais bien d’autres aussi connaissent une galère âpre. Ils deviennent aussi fautifs du moment où il cherchent à montrer le contraire à leurs proches dès qu’ils rentrent, incitant par la même occasion en ces derniers, l’envie d’aller voir ailleurs, d’aller là où l’herbe est plus grasse. Mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas d’herbe plus grasse que celle de la maison. Eh oui, on n’est mieux que chez soi.

Je termine en renouvelant mes remerciements à tous. J’en profite pour laisser un petit mot au sujet d’un autre mondoblogueur, Aphal Cissé. Si vous demandez une audience à la présidence et vous appelez ce gars-là au même moment pour que vous vous rencontriez, vous avez 90 % de chance d’être reçu par le PR avant de pouvoir le voir. Mais les moments passés avec lui ont été très enrichissants. Merci à toi, Aphtal. Je garde en mémoire Niamtougou, la soirée de Jacky et le verre d’eau sur la table.

Bonsoir à tous.

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mareklloyd
Qui cherche trouve. Mais, le plus dur n'est pas de trouver ce que l'on cherche, mais c'est de supporter ce qu'on a trouvé, puisqu'on l'a cherché!!! ASSUMES TOI.