Pour eux, les racistes, ce sont les autres. Et pourtant…

Crédit Photo: www.lapointelibertaire.org

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Et pourtant, pour moi, ce sont eux les racistes. Et les autres aussi. Enfin, peut-être. Je n’en suis pas vraiment sûr. En fait, je ne suis même pas sûr d’avoir les idées claires. Euh, que devrais-je penser lorsque par exemple, dans un quartier relativement paisible, c’est le petit nègre se baladant tranquillement dans la rue qui est d’emblée présumé scélérat en cas de délit (ou pas), ou encore, accusé de préparer un mauvais coup? Dites moi, cher lecteur.

Au fait, permettez moi de vous tutoyer, camarade lecteur, puis-je? En même temps, je ne vous laisse pas vraiment le choix hein, je fais comme bon me semble. Voyez-y un moyen pour moi de me rapprocher de vous, et au cas où cela vous déplaît (ce dont je doute fortement), veuillez excuser ce manque de délicatesse.

Bien, revenons à nos chèvres! Dis mois donc, ami lecteur, si je dois face à une situation pareille, me dire qu’il s’agit d’un acte purement raciste ou d’un acte guidé par le facteur « préjugé »? Oh oui bien sûr, il y a d’autres hypothèses. Celle d’un « simple malentendu », de « mesures préventives », d’un « regrettable concours de circonstances », ou encore de « légitime défense » quand les choses finissent mal, ou encore … Pfff! Que sais-je, ils trouvent toujours un truc pour se disculper, ceux là.

Aujourd’hui, il est évident que les citoyens Lambda ne sont pas les seuls dans le jeu. Les agressions policières sur les blacks sont de plus en plus fréquentes et là je me demande ceci: Si ceux qui sont sensés nous protéger sont ceux là qui sont prêts à nous abattre sur la base de vulgaires spéculations, que devrions nous faire? Changer de couleur de peau comme Michael Jackson pour pouvoir nous sentir en sécurité?

En Décembre 2013, à Cologne en Allemagne, le rugbyman togolais Michel Evoda a été abattu de deux balles dans la tête par la Police, après qu’il ait soit disant tenté de mettre fin aux jours de sa femme. Aucune autopsie n’a été réalisée et son corps a très vite été incinéré. Que s’est-il réellement passé? Difficile de le savoir, puisqu’on s’est empressé de se débarrasser de son corps.

Aux USA, en Février 2012, Trayvon Martin  a été abattu sans raison valable alors qu’il rentrait chez son père après être allé acheter des sucreries à l’épicerie voisine. Quelques temps après, il a été suivi sous terre par le jeune Kendrec McDade, accusé de vol à main armée puis tué par un policier. Quelques jours plus tard, il s’est avéré que le jeune étudiant ne portait aucune arme. Conclues par toi même, cher lecteur. Le mois dernier seulement, l’affaire  Michael Brown est venu confirmer qu’il y a bien de vieux démons qui planent sur la tête des forces de police, faisant aussi cas d’un jeune tué alors qu’il se rendait avec un ami chez sa grand-mère.

Pour quels motifs a-t-on décidé de donner la mort à ces trois jeunes garçons? Bah, on a juste supposé qu’ils étaient potentiellement dangereux, et oui oui, le fait qu’ils soient tous les trois de jeunes noirs n’est que simple coïncidence hein, diraient certainement les auteurs de ces crimes. Mais, très chère sœur lectrice, toi et moi savons ce qu’il en est vraiment. Ne trouves tu pas que c’est un peu trop facile ça? Depuis quand être jeune et noir fait de quelqu’un un voyou? Et même si c’était le cas, pour neutraliser un suspect, est-il nécessaire de le cribler de plusieurs balles mortelles? Ces « incidents » se seraient-ils produits si les victimes avaient la peau blanche?

« Comment est-ce que oses tu poser cette question, Marek? Les forces de l’ordre ne font pas de discrimination, protège et traite tout le monde de la même façon. Souviens toi que c’est eux qui punissent ces cons de racistes ».

« Ah d’accord je vois! Donc pour toi, les racistes, c’est seulement les autres! J’ai que tu aies raison mon ami… Et pourtant, Et pourtant!! »

Des conducteurs d’autobus à maintes reprises ne se sont pas stoppés à l’arrêt alors que je faisais le signe de la main, j’ai déjà été prié, sinon forcé, par des coéquipiers de rejoindre l’équipe de je cite, « mes amis », pour un match de foot (eh oui, j’étais le seul noir dans cet effectif, alors que l’équipe d’en face n’était composé que de noirs et avaient besoin d’un joueur supplémentaire pour commencer le jeu), j’ai déjà été confondu, traité et rejeté comme un mendiant alors je ne voulais demander qu’un renseignement,… Mais bon, j’ai mis tout ça sur le compte de la stupidité de la société et je me suis dis que le jour où je ne supporterai pas un  acte de mauvais goût à mon égard, j’irais me plaindre là où il faut.

Et pourtant, s’il se fait que celui chez qui je dois aller me plaindre n’est pas différent de celui contre qui je vais porter plainte, là tu vois, mon pote lecteur, que je suis, excuses moi le terme, dans la merde, non? Et comment pourrais-je changer ça? Pour l’instant je ne sais pas. Je cherche encore. Et je te donne ma parole, si un jour je le découvre, tu seras le premier à le savoir. Mais, peut-être bien que la lumière viendra de toi, et si cela arrive, daignes la partager avec nous tous, afin que nous puissions rendre un peu plus claire notre peau noire, et ainsi, éradiquer un nombre considérable de problèmes.

Bonsoir.

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mareklloyd
Qui cherche trouve. Mais, le plus dur n'est pas de trouver ce que l'on cherche, mais c'est de supporter ce qu'on a trouvé, puisqu'on l'a cherché!!! ASSUMES TOI.