Elle, c’est Bella Bellow!

Bella Bellow, pionnière de la musique togolaise

Bella Bellow, pionnière de la musique togolaise

Elle est la Cesaria Evora du Togo, et bien plus encore. Elle a inspiré et continue d’inspirer des nombreux d’artistes, tels qu’Afia Mala, Angélique Kidjo, etc. À travers sa si douce et belle voix, sa musique aussi originale qu’enchanteuse, elle serait certainement passé du statut d’étoile montante de la musique togolaise et africaine à celui d’Icône mondiale du quatrième Art. Oui oui, je vous le dis, ses œuvres sont d’art et sa voix, d’or. Camarade, je vous présente Bella Bellow, la seule et éternelle pionnière de la musique moderne togolaise.

Georgette Nafiatou Adjoavi, de son vrai nom, va faire ses débuts sur scène en 1963 lors d’une fête scolaire. Sa prestation laisse de marbre tout un public, émerveillé par cette voix que l’on ne peut écouter sans ressentir la grande émotion qu’elle partage. Dès lors, tout le monde veut se l’arracher et cela permettra à la belle d’enchaîner prestations sur prestations à d’autres fêtes scolaires et évènements populaires. À cette époque, elle n’est encore qu’une prometteuse sociétaire de l’école des Beaux-Arts d’Abidjan lorsque l’un de ses professeurs va l’introduire au grand producteur Gérard Akueson, lequel ne se fera pas prier pour la prendre sous son aile. Ainsi naîtra Bella Bellow, la diva.

L’ascension de la Blueswoman Africaine

Avec Akueson, cette grande fan de Miriam Makeba va voir les portes des grandes scènes s’ouvrir à elle, et très vite, elle aura conquis les cœurs d’innombrables mélomanes. En 1965, elle sera invitée par le président de la République du Bénin, Hubert Maga, à venir prester, à l’occasion de la célébration de l’indépendance du pays. L’année d’après (1966), elle prendra part au 1° Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar, où une fois encore, sa voix fera des victimes, mais des victimes époustouflées par cette dame qui avec sa voix, réussit à transmettre des sensations de joie, de mélancolie, et à refiler la chair de poule.

À partir de ce moment, Bella Bellow gagnera encore plus en notoriété et remplira les salles partout en Afrique où elle passera. Lomé la capitale de son pays, Douala, Brazzaville, Kinshasa, Bamako, etc., succomberont toutes au charme de sa musique qui est un parfait mélange de traditionnel et moderne. N’en finissant plus d’étendre ses ailes, elle sera parmi les rares artistes africains à avoir chanter à l’Olympia de Paris, puis rendra hystérique plus de 100 milles spectateurs au Stade Maracana à Rio de Janeiro, lors du Festival de la MPB (Música Popular Brasileira). Berlin, Athènes, Rennes et d’autres villes européennes s’empresseront aussi de la faire venir. La désormais surnommée Blueswoman de l’Afrique aura mis l’Europe à ses pieds et fera même un tour aux Antilles. Son album « 30 ans de musique africaine » sera un franc succès avec notamment des chansons comme Rokia, Blewu, Dényigban, … On y constatera également des couleurs de la Bossa Nova, style musical brésilien.

Bella Bellow se séparera un peu plus tard de son producteur, Gérard Akueson, et mettra en place son propre groupe musical, dénommé « Gabada ». Le succès ne la lâchera pas pour autant. Au contraire, elle ne fera qu’empiler le nombre de fans.

Une fin aussi soudaine que tragique et malheureuse

À un moment donné, la Belle va décider de se retirer un tout petit peu de la scène afin de pouvoir consacrer du temps à sa famille. Mais, son grand come-back est prévu, avec notamment une tournée internationale au cours de laquelle elle attaquera le public des Etats Unis d’Amérique avec le Camerounais Manu Dibango. Malheureusement, le sort en décidera autrement. Le 10 Décembre 1973, Bella Bellow trouvera la mort suite à un grave accident de voiture. Ce jour-là, une étoile des plus brillantes de l’Afrique se sera éteinte. On dit souvent qu’un artiste ne meurt jamais, et c’est bien le cas. Aujourd’hui, La Belle se fait toujours présente de par ses chansons, et nous autres, qui n’avons pas eu l’occasion de la voir en live, avons la possibilité de ressentir une petite, mais ô combien précieuse, fraction de tout ce qu’elle a pu transmettre  comme belles émotions à ses nombreux fans.

Aujourd’hui, en ce 10 Décembre 2014, chère Georgette, il y a exactement 41 ans que tu as rendu l’âme (1945-1973). Tu es partie trop tôt, tu sais? Mais bon, dis-toi bien que c’est un honneur pour moi de te rendre hommage et que c’est aussi grâce à des Grandes Gens comme toi que je me sens fier d’être togolais. Fier d’être de la même nationalité que toi. Fier de pouvoir dire « Ow oui, cette voix sublime vient de chez moi. » Que ton âme repose en paix.

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mareklloyd
Qui cherche trouve. Mais, le plus dur n'est pas de trouver ce que l'on cherche, mais c'est de supporter ce qu'on a trouvé, puisqu'on l'a cherché!!! ASSUMES TOI.