• Il est 20 heures, nous sommes un dimanche, jour de match entre Fortaleza et Ceara, les deux clubs rivaux de la région où j’habite, et Dieu seul sait ô combien il est dangereux de se pavaner dans les rues pendant ces moments (dépendamment du score final, il y a souvent de ces supporteurs qui deviennent un chouya violents et s’engagent dans des « sortes d’interaction » avec autobus, personnes et autres biens publics, que je jugerais très peu honorifique vis-à-vis du genre humain. Bref…) À cette heure, je sors de l’église pour rentrer chez moi, j’arrive à l’arrêt de bus et il y a cette dame, dans la soixantaine je dirais, assise toute seule. Dans son visage, j’entrevois une certaine inquiétude. A-t-elle peur de moi ? Dans ma tête, je me demande si c’est mon physique imposant qui l’effraie ou si c’est l’événement du jour. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir, car très vite, j’obtiens ma réponse lorsqu’elle s’adresse à moi en disant:  » Quel bus vas-tu prendre, mon fils ? »
  • J’ai tout de suite compris. La dame n’a pas envie, à raison, de rester toute seule à l’arrêt. En principe, n’importe quel bus passant sur cette avenue peut me conduire chez moi, mais en bon samaritain, en bon petit chrétien qui vient, en plus, de recevoir le Corps du Christ, je décide d’attendre avec elle jusqu’à ce que le sien n’arrive. Elle semble ravie. Et en attendant que le car ne vienne, elle engage de nouveau la conversation : (suite…)