Le Togo et les partenariats aux deux faces

«Ce n’est pas nouveau!», diraient certains juste après avoir lu le titre de ce billet. Malheureusement, ils verraient juste car il y a bel et bien des siècles que notre continent a fait des problèmes ses plus fidèles partenaires. Est-ce que nous sommes les seuls au monde à en avoir? Bien sûr que non. Seulement que dans notre cas, ces problèmes, très souvent, restent longtemps sans solutions et lorsqu’elles arrivent finalement, c’est à travers des partenariats avec l’extérieur, lesquels partenariats sont accompagnés d’une propension à créer d’autres situations problématiques, à long comme à court terme. Petite illustration à suivre:

Ce n’est un secret pour personne, le Togo est un pays en voie de développement. Ainsi, par manque de moyens, il y a carence d’infrastructures d’excellente qualité dans pratiquement tous les secteurs d’activités. Comment alors, faire construire une aérogare moderne, de bonnes routes, etc., des projets qui viendraient tenir les promesses des ambitions de notre gouvernement qui veut faire du Togo un hub hors du commun? En se dégotant des partenariats à l’extérieur, bien entendu. Et cette fois, ce sont les chinois qui vont obtenir le marché de certaines voies terrestres et surtout du nouvel aéroport. Ils financeront et construiront. Nous qui avons des moyens limités et qui sommes déjà endettés jusqu’au cou, quand et comment rembourserions-nous? Quels sont les accords passés en coulisses et qui entreront en vigueur dans le cas où l’un des partis (on sait déjà lequel) ne respecte pas sa part de contrat? … Une arme de plus pointée sur notre tête? Trois points de suspension, et en attendant de savoir:

Le Groupe asiatique arrive, s’installe et forcément, a besoin de main d’oeuvre. Du boulot!!! Excellent pour la population. Cependant, il faut voir comment les ouvriers sont traités une fois sur les chantiers! Ils sont sous payés, ils effectuent des activités à risque mais sans protection adéquate, ils sont surexploités, les conditions de travail sont médiocres (temps de repos et repas insignifiants), les accidents de travail ne sont pas couverts, de grands garçons et des pères de famille, pour un rien, sont régulièrement humiliés à travers des marques de mains blanches laissées sur des corps noirs, etc. Cela en dit long sur le degré de considération et de respect que ces investisseurs ont pour mes compatriotes, pour mon pays, et je me demande bien comment est-ce qu’on peut permettre que des personnes viennent d’autres horizons pour se comporter de la sorte sur mon propre territoire. Le contraire serait-il possible?  Suivez ce reportage des Observateurs de France 24 qui en dit beaucoup plus long que mon article.

Comme vous avez pu le voir, vers la fin cette vidéo (interview à partir de 10 min 40 sec), le ministre togolais du travail, de l’emploi et de la sécurité social affirma qu’«il y a toujours des difficultés quelques fois, mais ce n’est jamais des choses véritablement dramatiques». On est d’accord, chacun a sa conception de « choses véritablement dramatiques ». Et j’aimerais lui adresser quelques questions:

  1.  Qu’entendez-vous, M. le Ministre par les « difficultés » de quelque fois?
  2.  Avez-vous déjà été au contact de ces ouvriers, histoire de voir par vous même comment se présentent leurs conditions de travail?
  3. J’en avais une troisième mais bon, la réponse est déjà dans les toutes première et dernière phrases de votre interview.

Voilà, j’ai parlé! Je pense que cette situation est un affront, une mise en ridicule que nous devons balayer au plus vite. Le respect n’est pas une valeur qui marche uniquement du bas vers le haut dans une hiérarchie. Ça va dans les deux sens et c’est la base de toute collaboration saine, sincère et équitable. Lorsque ce facteur fait défaut, que nos dirigeants ne s’y méprennent pas, on ne parle plus de partenariats ou de coopérations si joliment inscrits dans les documents diplomatiques, mais de relations entre supérieur et subalterne, voire d’esclavagisme comme l’indiquaient certains intervenants de la vidéo ci-dessus.

Autorités compétentes, réagissez!

PS: Il faut tout de même mentionner le fait qu’une bonne partie du marché des travaux publics est revenue à l’entreprise togolaise CECO BTP, laquelle entreprise travaille plutôt bien et s’occupe beaucoup mieux de ses employés. En répétant l’expérience d’octroyer d’aussi gros contrats à d’autres firmes nationales, et  dans les autres domaines, c’est l’économie du pays qui se sentirait ragaillardie, vu que les intérêts et autres bénéfices seraient principalement réinvesties sur place. En même temps, c’est mon avis d’amateur hein! M’éclaire qui peut.

 

 

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mareklloyd
Qui cherche trouve. Mais, le plus dur n'est pas de trouver ce que l'on cherche, mais c'est de supporter ce qu'on a trouvé, puisqu'on l'a cherché!!! ASSUMES TOI.