Catégorie : Société

Essayez surtout de rester en vie en 2015

Camarade lecteur, camarade lectrice, euuuhhh (…) Au fait, dites moi: Pourquoi le mot « camarade » n’a-t-il pas de féminin? Les inventeurs de la langue française sont en panne d’inspiration ou c’est là une manifestation de l’émancipation du genre féminin? Bah là, moi je comprends plus hein. En principe, je devais commencer ce billet en écrivant « camarade lecteur, camaradine lectrice » ou encore, » camarad lecteur, camarade lectrice », seconde option qui collerait d’ailleurs avec la syntaxe de la langue de Molière. Ou bien? Bon bref, ce n’est pas pour ça que nous sommes là…

Crédit photo: www.hrmlogistica.com.br

Crédit photo: www.hrmlogistica.com.br

Donc je disais, camarade lecteur, camarade lectrice, je viens te souhaiter à travers ce billet une bonne et heureuse année 2015. Bon, tu connais la chanson mais, toi même tu sais combien les jours peuvent se suivre et se ressembler comme deux gouttes de larmes de chien. Ce n’est pas parce que le 4 a laissé sa place au 5 que ta vie va changer hein. Le 2, le 0 et le 1 sont toujours bien place et peuvent représenter le fait que presque tout restera statique autour de toi. Nous les Hommes, avons parfois besoin de cette période  pour nous donner  l’illusion d’un énième nouveau départ, qui bien souvent, nous fait prendre de nombreuses  nouvelles résolutions que nous n’appliquons pour la plupart, que pendant le premier mois de l’année et puis basta! Nous voilà revenus à ce que nous étions l’an dernier. (suite…)



Avouons que nous, africains, sommes parfois de vrais cas!

Crédit photo: lomé-infos.com

Crédit photo: lomé-infos.com

Quand il est question de critiquer nos dirigeants, nous sommes champions. Mais lorsque pour une fois, ils prennent une décision, une bonne décision qui serait bénéfique au peuple, et Dieu sait combien elles sont rares, nous sommes encore les premiers à ne pas la respecter.

 Je veux parler ici de l’usage du casque et de la ceinture rendue obligatoire au Togo. Le nouveau code de la route comportant cette clause a été adopté le 04 Juin 2013 par l’Assemblée Nationale et depuis Avril 2014, les autorités ont décidé d’être plus rigoureux quant aux respect de cette loi. Cependant, mes chers copains ont l’air de ne pas trop s’en faire pour leur propre sécurité.

En effet, pendant mon séjour à Lomé, j’ai vu à maintes reprises des usagers de la route (surtout les conducteurs de taxi-motos) porter leurs casques, seulement aux endroits où il y a de fortes probabilités de rencontrer des agents de police chargés du contrôle de la circulation. Et pendant la course, où se trouve donc le casque? Bah, sur les cadrans ou sur les phares. Comme si c’est ça qu’il faut protéger en cas d’accident.  (suite…)



Réflexion sur ce que serait « mon Idéal »

Crédit-photo: paranormal-theories.com

Crédit-photo: paranormal-theories.com

Mon idéal serait de « Parler ». Servir de porte-parole à toutes ces voies désireuses de crier leurs détresses mais réduites au silence.  Parler pour ces peuples opprimés qui ne veulent rien d’autre que découvrir ce que ça fait de vivre dans la paix et dans la liberté. Parler pour dire ou parler pour redire les dires de ces illustres Grands Hommes qui par le passé, ont été source d’inspiration , ou du moins, auraient dû être considérés comme telle. Mon idéal serait de parler pour toutes ces raisons et d’être écouté par tous.  (suite…)



Le retour du Boy avec un nouveau dossard

Togo, Niamtougou, Chaîne de l'Atakora.

Togo, Niamtougou, Chaîne de l’Atakora. Copyrights: Aphtal Cissé

 

A tous ceux qui se demandaient où j’étais passé, qui pensaient que j’étais au frais, ou encore kidnappé par un mouvement islamiste à la mode, je vous rassure qu’il en est rien. J’étais entre de très bonnes mains. Eh oui, j’ai enfin pu goûter à ce que ça faisait de rentrer chez soi après une longue période passée à l’étranger.

C’est naturellement avec une grande émotion que j’ai retrouvé ma famille et mes potes. N’ayant pas prévenu la plupart de mon arrivée, j’ai pu constater à quel point je comptais pour certains, vu que la surprise de me voir provoquait l’apparition de grains de larmes aux yeux, cris presque hystériques, et autres. Franchement, j’ai été touché et je remercie du fond du cœur tous ceux-là qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à rendre ces vacances incroyables pour moi. Bon, passons. (suite…)



Coupe du monde: Fortaleza ressemble à tout, sauf à une forteresse

La coupe du monde, ce n’est plus qu’une question de jours. Vous êtes tous impatients que la plus grande fête du football démarre, non? Et bien moi aussi, je le suis. Le brésilien, lui, semble moins emballé. 

Crédit: www.correiobraziliense.com.br, AFP Photo / Vanderlei Almeida

Crédit: www.correiobraziliense.com.br, AFP Photo / Vanderlei Almeida

Bien, il y a encore quelques jours, j’étais très optimiste quant au bon déroulement de l’événement, mais là, je suis un peu moins. Le peuple n’est pas content et le fait savoir. Le budget attribué à l’organisation de la coupe choque plus d’une personne, surtout que le gouvernement tarde à répondre à certains nécessités en avançant le manque de moyens. Donc, les citoyens grognent et certains se disent prêts à tout pour déranger la tenue du tournoi. Mais en fait, ma principale inquiétude  se pose ailleurs: Les menaces de grève de la police, et de l’augmentation de la violence dans la ville où j’habite.

Fortaleza, ville du Nord Est du Brésil, dont je suis résident depuis 6 mois environ, va accueillir plusieurs matches de la compétition. Le Brésil y jouera, et nous les africains, auront le plaisir de voir jouer le Ghana contre l’Allemagne, puis, la côte d’ivoire contre la Grèce (j’ai même déjà mon ticket).  Oui oui, le programme est alléchant, mais la forteresse (Fortaleza en français), ces derniers temps, est aussi très tranchante. (suite…)



Aujourd’hui, c’est le 8 Mars: Célébrons la Femme!!!

Crédit photo: lalibre.be

Crédit photo: lalibre.be

Ma femme, je la traiterai comme une princesse car j’ai été élevé par une reine. Telle est la phrase que je répète souvent lorsque je suis amené à discuter de ma future vie de couple — et je le pense vraiment hein —. Oui bien sûr, j’ai été élevé par une reine avec R majuscule. Et aussi, autour de moi nous, il y a forcément, au minimum, « une » quelqu’un  pour qui nous avons une très grande estime. Alors, pensons à nos reines, pensons à nos « une » ou « deux » ou « trois » quelqu’un, puis, célébrons les. Célébrons la femme.

 



Conversation avec une future Akpénou (I)

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Un beau matin, je me suis lancé dans une discussion avec une amie de longue date, puis nous nous sommes gentiment frictionnés par rapport à un point. Je vous laisse apprécier.

Moi : …. Aah tes vacances seront longues. Vas-tu rentrer au pays?

Elle : C’est ce que je compte faire, mes parents veulent même me faire Akpéma.

Moi : Super. Je vais tout faire pour ne pas rater ça. Toi, à poil jusqu’à la montagne. Ça promet.

Elle : Lol, jamais, nada, ce sera à l’église. Ça va pas chez toi ?

Moi : Comment ça ? Akpéma, c’est de façon traditionnelle que ça se passe. Où est-ce que tu as déjà entendu parler d’un baptême dans les montagnes ?

Elle : Pfff, toi et ta logique là, on s’en fout. Toi, tu as déjà fait Evala ?

Moi : Non non, je vais le faire à la mosquée l’année prochaine.

Elle : Lol, Evala à la mosquée? Tu te fous de qui ? Pfff, t’es vraiment bête quoi.

Moi : Et toi qui veux faire Akpéma à l’église là, tu ne te fous pas de la tradition par hasard . . .

Bien, pour ceux qui se posent la question, Akpéma est un rite d’initiation de la jeune fille Kabiyè (Ethnie du Nord-Togo) qui lui ouvre les portes de la vie d’adulte et du mariage. Généralement, elle y est soumise entre 18 et 20 ans. Les cérémonies s’effectuent dans les montagnes du canton et sont dirigées par les <vieilles>. L’ Akpénou (nom donné à celle qui subit l’initiation) rallie les montagnes, souvent à des kilomètres de chez elle, toute nue.

En cela, on entrevoit son courage, sa détermination et aussi sa promptitude à supporter le fardeau que peut représenter son futur foyer. Au lieu où se déroule la cérémonie proprement dite (dans une grotte située dans les montagnes interdites aux spectateurs), lorsque l’Akpénou arrive à s’asseoir sur <la pierre sacrée> et se relève sans le moindre problème (en terme plus clair, sans que du sang ne coule de son organe génital), elle aura prouvé qu’elle est restée chaste depuis sa naissance jusque-là . Que d’honneur pour elle, ses parents, sa famille.

Au terme de la cérémonie, elle devient officiellement une femme et a le droit de se marier (à un homme qui aura au préalable fait « Evala », rite d’initiation pour les hommes).

L’Eglise catholique a cependant décidé depuis de nombreuses années de « christianiser » cette pratique purement traditionnelle, et ce, sans l’accord des chefs coutumiers. Aujourd’hui, elle organise donc le même rite à sa façon, ce que je trouve personnellement absurde, ce que je qualifie de loufoquerie de taille.

La tradition n’est pas à mêler au christianisme. Que ferait l’Eglise si les chefs traditionnels décidaient à leur tour de communier ou de confirmer les jeunes aspirants comme ils veulent? Elle crierait au blasphème. J’en suis sûr à 99% . En plus, n’est-ce pas elle, cette même église qui, dans les cours hebdomadaires de catéchèse, nous enseigne qu’il ne faut pas faire à autrui ce que l’on ne veut pas qu’on nous fasse ? Hmmmm vaut mieux ne pas en dire plus…

Puisqu’il en est ainsi, et bien moi, l’année prochaine, je fais Evala à la mosquée et plus tard ma fille fera son Akpéma à la synagogue.